Synthèse des dossiers de candidatures au Prix Théophile Legrand de l’innovation Textile 2013

 

Adil Mountasir (36 ans - Maroc / Allemagne)

Docteur et Chercheur associé à « Institute of Textile Machinery and High Performance Material Technology (ITM), Technische Universität Dresden, Germany (Allemagne)

> Créateur de composites thermoplastiques textiles et du processus de fabrication de la matière pour la conception de panneaux tissés 3D, avec raidisseurs intégrés, résistants, légers, rigides, isolants et recyclables (textiles 3D de protection ou panneaux 3D destinés aux secteurs de l’automobile et de l’aéronautique)

 Réalisé dans le cadre du programme «Textilereinforced » financé par la Fondation Allemande pour la Recherche, ce docteur-chercheur associé à la Technische Universität Dresden a conçu une méthode de tissage technique pour la fabrication de panneaux 3D, avec raidisseurs intégrés, à partir de textile hybride haute performance tissé en multicouches. Cet hybride est le résultat de la fusion entre la matière textile et des composites thermoplastiques.
La technologie développée par ce chercheur germano-marocain offre des résultats surprenants en termes de solidité, de légèreté, de rigidité et d’isolation, pour un coût de fabrication nettement inférieur à tous les produits existants. En raison de la réduction des étapes de traitement, de son faible coût en investissement et de l’avancée technologique obtenue, ces panneaux tissés en 3 D multicouches ont un potentiel d’applications et de marchés très élevé.

 Ils présentent plusieurs autres avantages :

-        une fabrication flexible de préformes en 3D par un processus réalisé en une seule étape à l'aide d’un fil hybride haute performance

-        des renforts multicouches pour une haute solidité mécanique (résistance à la traction, absorption de l’énergie…)

-        une utilisation en tant que composant dur

-        un contrôle de la santé structurelle par des réseaux de capteurs intégrés

-        une très bonne recyclabilité des matériaux composites thermoplastiques textiles

-        une matière adapté et prêt à être utiliser dans la conception de tous types de textiles de protection et de sécurité

-        une invention innovante pour la construction de véhicules (toit, porte, pont…) et pour remplacer ainsi le métal.

-        un potentiel de résistance et stabilité idéal pour la construction aéronautique (l'aile, l’empennage et le fuselage de couverture) et pour toutes sortes d’applications de haute technologie, en particulier pour la création de structures légères, grâce à l'utilisation de raidisseurs textiles de différentes longueurs.

 

Ary Pauget (26 ans – France)

Chef du Projet « Gold of Bengal » (Projet de recherche et de développement sur les agro-composites par l’Association Watever au Bangladesh - Ingénieur textile, diplômé de l’Ecole Nationale Supérieure des Arts et Industries Textiles (ENSAIT à Roubaix – 59 - France)

> Développement d’agro-composites renforcés en fibre naturelle de jute – Création du premier prototype d’un bateau au renfort constitué à 100% de fibre de jute, avec recyclage et transformation d’anciennes machines de production de toile de jute.

« Gold of Bengal » est un programme de recherche qui a permis la création d’un nouveau textile technique  en fibre de jute . Ce tissu permet remplacement partiel ou complet des tissus de fibres synthétiques (fibre de verre) utilisés dans dans les matériaux composites (textile de renfort + résine). Il est particulièrement adapté pour des applications structurelles qui requièrent des qualités de résistance et épaisseur comme la construction navale ou l’ameublement.
De plus, le développement de cette innovation peut avoir un impact positif sur les plans écologique mais aussi économiques et sociaux, via la revalorisation de l’industrie du jute en déclin.

 Le jute est la deuxième fibre naturelle la plus cultivée au monde et le Bangladesh fut durant plus d’un siècle le premier producteur et exportateur de cette matière première. Face à la concurrence des matériaux synthétiques, et faute de modernisation et de diversification de ses produits, cette industrie est en déclin régulier depuis plusieurs décennies. Elle continue pourtant d’impliquer directement et indirectement 30 millions de personnes au Bangladesh.

Ce jeune ingénieur a conçu le tissu technique de jute pour renfort composite et a inventé un procédé industriel novateur qui consiste à adapter des machines textiles existantes au Bangladesh, pour les rendre aptes à la production d’un tel tissu.

Ce projet réunit donc deux innovations :
- la conception d’une gamme de renforts textiles de jute pour des applications composites en remplacement et/ou complément de la fibre de verre
- la conception du processus de fabrication pour la production du produit (unidirectionnel de fibres allongées et cousues).

A ce jour, plusieurs prototypes utilisant ce matériau innovant ont été réalisés avec succès, avec :

-         2 bateaux « Tara Tari » (40% composite en jute) et  « Gold of Bengal » (100% composite en jute)

-        5 prototypes de tabourets pour une marque de design haut de gamme

-        4 prototypes de planches de surf

Ces premières réalisations montrent des résultats très encourageants, en termes d’efficacité et de résistance. L’étude ACV en cours de réalisation va permettre de confirmer l’impact écologique. Le potentiel de développement de cette innovation est immense (matière première renouvelable) surtout au vu de l’avantage économique du matériau pour certaines applications. Le "Pàt" (nom de la création) est donc le premier renfort technique en fibre de jute au monde. Ces deux innovations complémentaires permettront la diversification et donc la revalorisation de l’industrie du jute. Elles constituent une nouvelle étape dans la recherche sur les fibres naturelles. L’objectif final consiste à développer toute une gamme de composites à base de fibre de jute, applicables dans les domaines de la construction navale, de l’ameublement, des sports et des loisirs, mais aussi dans les secteurs de l’habitat, de l’automobile et de tous les types de transport.

 

Ayham Younes (35 ans – Syrie / Allemagne)

Docteur et Chercheur associé à « Institute of Textile Machinery and High Performance Material Technology (ITM), Technische Universität Dresden, Germany (Allemagne)

> Création d’un processus de fabrication de machines destinées à contrôler la qualité de fil haute performance capable de résister à des charges et à des températures extrêmes

 Ce docteur-chercheur d’origine syrienne a développé de nouveaux procédés de contrôles des fils composites destinés à la conception de nouveaux renforts textiles pour l’industrie automobile, l'aviation, le secteur mécanique et génie civil. Ces nouveaux fils présentent une résistance importante au chargement extrême, aux impacts cycliques et à l'exposition de températures élevées, mais aucun moyen de contrôle ne permettait de garantir une fiabilité certaine. Après avoir étudié le comportement de déformation des matières premières textiles et les mécanismes de défaillance, le chercheur a mis au point de nouvelles méthodes d'essai normalisées. Pour y parvenir, il a développé avec succès des « stands tests ».

 Avec cette innovation technique, il est désormais possible de constituer une base de données complète pour les études de fiabilité des produits et de comprendre le comportement mécanique des fils multi-filaments dans diverses conditions telles que la charge constante, les hautes températures et les impacts divers. Ces nouvelles méthodes et ces appareils peuvent être utilisés pour cartographier l’état des fils et de la charge disponible, dans des conditions de tests reproductibles.

 Il est également possible de réaliser désormais de nombreuses études expérimentales pour d’autres matériaux textiles, pour divers systèmes de traitement de fils et pour les chargements en état ou en intensité. Les résultats obtenus constituent une contribution importante et un haut degré d'innovation pour comprendre les comportements spécifiques des matériaux et des mécanismes de défaillance dans le domaine des fibres textiles de haute performance. Ces méthodes peuvent également prédire la charge et le comportement à la déformation pendant le cycle de vie des composites textiles. Toutes ces informations recueillies représentent une avancée importante, capitale et pertinente pour la sécurité des bâtiments, des biens et des vies humaines.

 

Coralie Marchand (30 ans - France)

Docteur en mécanique au Laboratoire de Physique et Mécanique Textiles (LPMT) de l’Université de Haute Alsace à Mulhouse et à l’Ecole Nationale Supérieure d’Ingénieurs Sud-Alsace (ENSISA). Ingénieur R&D, Start up biomédicale

 > Développement d’une prothèse de « stent valvulaire aortique » en fibre textile (stent tressé pour remplacement percutanée de la valve aortique et prothèse valvulaire associée) répondant à des problématiques médicales, en particulier dans le domaine cardiovasculaire.

 Ces travaux de recherche, permettent de répondre à des problématiques de santé, en particulier dans le domaine cardiovasculaire, par des solutions de textiles techniques. L'approche innovante consiste en la réalisation d'une structure souple, permettant tout à la fois une apposition et un ancrage optimal sur l'anneau aortique, et un positionnement et un déploiement idéal(e) pour l'endoprothèse valvulaire. Ce nouveau dispositif assure un rôle de « joint d'étanchéité » 100 % efficace, unique et totalement innovant comparé aux produits existants.

 la procédure d'implantation de ce dispositif nécessite l'association d'une endoprothèse valvulaire. Les valves biologiques sont couramment utilisées. Toutefois, ces valves présentent, suite au processus d'implantation, des dégradations non négligeables du tissu biologique humain et peuvent nuire fortement à leur durabilité. Pour répondre à ce problème et supprimer tous les risques de dégradation pour le bien-être et la santé des patients, ce docteur-chercheur de l’Université de Mulhouse a travaillé en collaboration avec des chirurgiens du NHC de Strasbourg (des cardiologues de l'hôpital Henri Mondor de Créteil). A partir du concept de la valve textile, développé au laboratoire de Physique et Mécanique Textiles (LPMT) de l’Université de Haute Alsace à Mulhouse, par les Professeurs Bernard Durand et Frédéric Heim, les directeurs de thèses de Coralie Marchand , le travail de cette jeune diplômé a consisté à améliorer le design et les fonctionnalités de cette valve textile, afin qu‘elle corresponde aux besoins des chirurgiens. Elle a aussi accrue de manière considérable les performances de cette invention alsacienne, en limitant au maximum les risques de dégradation de la matière, une fois implantée dans le corps humain.

 Cette nouvelle endoprothèse valvulaire est élaboré avec des matériaux textiles polymériques et métalliques (une nouvelle matière composée de deux éléments textiles, l'un polymérique tissé, l'autre métallique tressé). L’endoprothèse (le stent tressé en textile métallique) est protégé par un brevet. L’optimisation de la valve textile ferra elle aussi l’objet d’une protection par un brevet.

 La complémentarité et la réactivité des équipes cliniques et textiles a permis à ce jour la réalisation de  prototypes validés puis optimisés suite à des implantations animales.

  De nouvelles innovations prothétiques, associant ces matériaux et procédés textiles hybrides, peuvent désormais être envisagées pour d’autres applications médicales en associant applications concrètes, collaboration clinique et technique. Une phase de pré industrialisation avancée permet aujourd'hui à la start up Id Nest de voir le jour.

  L'aboutissement de ce projet de recherche permettra d'apporter une alternative à la chirurgie cardiaque, offrant ainsi une espérance de vie accrue aux millions de patients atteints de pathologies cardiovasculaires.

 L’invention de ce produit textile qui sauve des vies constitue une première mondiale, qui devrait faire parler d’elle dans les prochaines années.

 

Cornélia Sennewald (30 ans – Allemagne)

Docteur et Chercheur associé à « Institute of Textile Machinery and High Performance Material Technology (ITM), Technische Universität Dresden, Germany (Allemagne)

> Développement de nouvelles structures de fils métalliques et textiles tissés en trois dimensions, pour une utilisation de ces composites hybrides dans des applications légères et de très haute technologie pour le domaine de l’automobile et de l’aéronautique

Ce chercheur a conçu un hybride de textile qui ne sera jamais doux, ni plat et encore moins fabriqué à partir de fils classiques. Elle a imaginé et réalisé un tissu avec structure tridimensionnelle faite de fils d'acier, avec une base textile, conçu en une seule étape de fabrication.

 En collaboration avec une équipe internationale de chercheurs, cette jeune femme travaille depuis 2008 sur le développement de nouveaux matériaux pour la construction de poids léger au sein du Centre européen pour les matériaux émergents de Dresden en Allemagne. Elle a élaboré des structures métalliques tissées en trois dimensions et son processus de fabrication. Ces structures peuvent être produites sur une version modifiée d’une machine classique et offrent un matériau de renforcement dans les trois directions de tissage. Ce nouveau fil hybride peut supporter une charge très importante, résiste à des températures extrêmes et offre une rigidité efficace. 

 L’utilisation du procédé de tissage pour fabriquer ces nouvelles structures métalliques en 3D permet d’obtenir des avantages économiques considérables dans la production de produits semi-finis. La combinaison des textiles tissés en 2D et  des structures en fil métallique en trois dimensions se sont révélés être un renfort approprié pour les composites multi-fonctionnels. Un transfert systématique de ces matériaux dans des applications légères pour l'automobile et l'ingénierie mécanique a été réalisé avec le développement de ces nouvelles technologies de fabrication efficaces et économiques. Les structures de fils métalliques fabriqués par une nouvelle technologie de tissage sont uniques au monde. Après avoir rejoint les structures métalliques, elles sont traitées aux composites sandwiches avec des surfaces métalliques ou incorporés dans des matrices métalliques.

 Plusieurs essais expérimentaux ont été réalisés avec succès. L'aptitude particulière des structures métalliques en trois dimensions développées pour des applications d'impact a été démontrée. Ces expériences ont montré que la capacité d'absorption d'énergie des matériaux renforcés de fil métallique tissé en 3D, peut être augmentée jusqu'à 600% par rapport aux matériaux conventionnels. Au-delà, avec leur faible poids et la stabilité face à de hautes températures, ces nouveaux matériaux sont prédestinés à l’industrie thermomécanique, pour des applications très concrètes, notamment dans le domaine de l’automobile et des transports en général.

 

Elias Staiger (28 ans - Allemagne)

Docteur et Chercheur associé à « Institute of Textile Machinery and High Performance Material Technology (ITM), Technische Universität Dresden, Germany (Allemagne)

> Inventeur d’une fibre composite hybride résultant d’un mélange de métal et de textile pour la création de composants légers très résistants (antichocs), agissant comme isolant phonique et thermique de l’habitacle

En collaboration avec deux autres instituts de l’Université Technique de Dresden en Allemagne, ce chercheur a réussi à fabriquer des textiles hybrides de haute performance. C’est un composite à base de textile et de tôle, avec un procédé innovant et rentable. Ce nouveau textile semi-fini est destiné à la fabrication de panneaux de renforcement. Les composites hybrides résultant de métal et du textile sont un excellent matériau léger. Cela permet une amélioration très nette des protections contre les chocs, la garantie d’une meilleure isolation phonique et thermique, associée à une bonne recyclabilité du produit en fin de vie.

 Ce nouveau textile hybride trouve des applications directes dans le domaine de l’automobile et de l’aéronautique (par exemple pour des structures de support et les pièces de fixation). Par rapport au traitement de systèmes de résines thermodurcissables, les matériaux thermoplastiques constituent une menace beaucoup plus faible pour la santé et l'environnement. En outre, l'amélioration de la recyclabilité après le cycle de vie du produit est assurée par le simple démontage en une feuille de métal, de fibres de renfort et de matière thermoplastique avec déjà
la technologie existante.

 Les tests ont été réalisés avec succès. Le passage en industrialisation est possible. Plusieurs projets en cours d’étude utilisent déjà cette invention.

 

Fern Kelly (31 ans – Nouvelle Zélande)

Docteur de l’Université Victoria à Wellington (Nouvelle Zélande). Chercheur et post-doctorante au Laboratoire Gemtex à Roubaix (Laboratoire de l’ENSAIT). Fondateur et ingénieur R&D de la start-up « Noble Bond Ltd » à Roubaix (59 – France)

> Créateur d'une nouvelle méthode de coloration de la laine, à l’aide de nanoparticules d'or et/ou d'argent. Cette méthode donne naissance à une nouvelle gamme de teintes innovantes, originales, écologiques et antibactériennes, pour la création de vêtements haut de gamme (secteur de la mode, prêt à porter de luxe) et pour les textiles d'ameublement d'intérieurs luxueux. Une application de cette méthode est aujourd’hui à l’étude pour la coloration de fibres textiles en chanvre ou en lin. Le processus antibactérien obtenu va aussi être développé pour la conception de vêtements dans les domaines des loisirs, de l’environnement et de la médecine.

 Ce travail présente une nouvelle méthode écologique de la coloration de laine avec des nanoparticules d'or ou d'argent. A l’échelle nanométrique, l'or et l'argent n'interagissent pas avec la lumière de la même manière que leurs homologues. Au lieu de métaux jaunes et blancs brillants, la couleur de la lumière réfléchie est déterminée par la taille et la forme de la nanoparticule donnant naissance à une gamme de teintes magnifiques.

Grâce à cette connaissance et l'innovation scientifique, une nouvelle méthode de coloration des textiles en laine a donc été développée. Ces produits en laine à base d’or et d’argent sont adaptés pour devenir des vêtements de haute qualité, ainsi que pour l'ameublement de luxe d'intérieur, y compris les tapis.

 Leurs propriétés sont les suivantes :

- Les colorants sont à base de métaux précieux : l'or et l'argent

- La couleur peut être ajustée en fonction de la taille des nanoparticules

- Le processus de teinture est respectueux de l'environnement. Le produit ne contient que de la pure laine, associée à de l'or ou de l'argent. Le flux des déchets représente l’équivalent d’un « grain de sel ». Ils sont non toxiques et l'eau utilisée présente à sa sortie un pH neutre

- ce procédé permet la création d’un produit de qualité supérieure, ayant une haute valeur (association de l’or ou de l’argent, avec une laine de haute qualité aux colorations nouvelles et introuvables).
- le résultat obtenu avec l'interaction de la lumière, offre un excellent maintien de la couleur, même en plein soleil (forte résistance aux UV) et ne s'altère donc pas avec le temps

- Les nanoparticules sont fortement liées aux acides aminés contenus dans la laine. Par conséquent, le métal n'est pas perdu, et la couleur n'est pas dégradée par le lavage ou les frottements

 Par ailleurs, l'argent fournit des propriétés antibactériennes, qui peuvent être exploitées, même avec de très faibles niveaux d'argent (< 0,005%). Par conséquent, les textiles teints par des procédés traditionnels peuvent également être traités pour conférer les propriétés antibactériennes. L'ouverture du champ d'application pour des vêtements de sport, l'environnement public et les textiles de soins personnels est donc tout à fait envisageable.

 Depuis 2010, la technologie a été affinée et les procédures de préparation augmentées. L'efficacité du traitement antibactérien par l’argent sur d'autres tissus, tels que le chanvre et le lin, a aussi été testée avec succès. En raison du potentiel que représente cette nouvelle technologie, l'invention est protégée par un brevet provisoire depuis 2012 et une start-up nommée « Noble Bond Ltd » vient d’être créée en France en 2013. « Noble Bond ltd » va produire et commercialiser cette nouvelle technologie de coloration de la laine avec des nanoparticules d’or, ainsi que les procédés de création de textiles antibactériens à base de nanoparticules d'argent. Cette jeune société est à la recherche d’investisseurs et de partenaires industriels pour l’aider à développer son offre et ses produits.

 

Foued Khoffi (29 ans – Tunisie)

Docteur en mécanique au Laboratoire de Physique et Mécanique Textiles (LPMT) de l’Université de Haute Alsace à Mulhouse (68 – France) – Diplômé en Master Génie Textile  de l’Ecole d’Ingénieurs de Monastir (Tunisie), en cotutelle avec l’Ecole Nationale Supérieure d’Ingénieurs Sud-Alsace (ENSISA - Mulhouse)

> Développement d’un appareillage polyvalent pour tester les prothèses vasculaires textiles. Application à l’étude in-vitro du vieillissement par mesure de compliance.

 Ce travail de recherche a permis le développement d’un prototype original de test sur les prothèses vasculaires textiles. Ce banc de test apparaît comme un outil fondamental pour le dimensionnement des prothèses vasculaires de moyen et gros diamètres. Il est basé sur une nouvelle technique originale permettant la mesure in situ de la compliance statique et dynamique réelle contrairement aux essais pratiqués par tous les dispositifs actuels.

Une première application de ce dispositif fut l’étude de l’évolution précoce des propriétés de compliance de substituts textiles aux vaisseaux artériels du corps humain. Toutes les analyses réalisées ont permis de mettre en évidence et de confirmer un processus de dégradation de la compliance des prothèses vasculaires textiles pour les premiers jours de vieillissement. A l’issue de ces travaux, il a été confirmé que la fatigue exercée par la pression pulsée sur les prothèses engendrait bien les dégradations déjà observées in vivo mais pour des temps extrêmement brefs.

Les résultats obtenus montrent que de nombreux développements sur les prothèses artérielles textiles sont nécessaires pour mieux corréler leurs comportements aux performances attendues dans le but se rapprocher du comportement des artères saines.

 Ce prototype d’appareillage polyvalent permet d’étendre l’approche à la mesure de la compliance des endoprothèses, des artères et des veines. Un tel avancement du projet a suscité l’intérêt de certaines entreprises de fabrication des prothèses textiles telles que Perouse Medical, Intervascular et Maquet Getinge group ainsi que l’association de recherche GEPROVAS (Groupe Européen de recherche sur les prothèses appliquées à la chirurgie vasculaire) et la fondation Alfred et Valentine WALLACH.

 

 Ludivine Meunier (29 ans - France)

Responsable Recherche et Développement / Qualité chez Doublet SA à Avelin (59). Superviseur du Projet Intellitex.

Docteur diplômé de l’ENSAIT et du laboratoire GEMTEX à Roubaix en octobre 2012

> Création, développement et industrialisation d’une gamme de vêtements intelligents avec afficheurs électrochromes intégrés dans la matière et d’afficheurs textiles électrochromes dynamiques (invention d’un textile électroluminescent, capable de changer de couleurs et d’inscriptions), avec la contribution de Fern Kelly

 Cette jeune diplômée de l’ENSAIT, nommée depuis novembre 2012 Responsable Recherche et Développement / Qualité chez Doublet SA dans la région lilloise, a élaboré un afficheur textile à changement de couleur et d’inscription. Le but du projet « INTELLITEX » est de développer un système d’assemblage de production de textiles intelligents. Il consiste à créer des afficheurs textiles électro-chromes, permettant de mettre en avant l’adaptabilité des textiles à d’autres technologies. Le composé électrochrome est une substance chimique qui, lors de l’envoi d’un potentiel électrique, passe d’une couleur à une autre, et ce, de manière réversible.

   Ce potentiel électrique est en fait un potentiel d’oxydoréduction. Une impulsion suffit à obtenir le changement de couleur. Un composé électro-chrome possède également un effet « mémoire ». Lorsqu’une tension est appliquée à un composé électro-chrome, il passe d’une couleur à une autre, et la conserve dans un temps illimité. Pour obtenir à nouveau la première couleur, il suffit de faire une inversion des polarités du dispositif électro-chrome.

  En fonction de la diversité des couleurs que l’on peut obtenir, les faibles tensions et courants nécessaires, de nombreuses applications sont envisageables : domaine de l’habillement (vêtements usuels, vêtements de travail), de la sécurité, du bâtiment, de la publicité et du marketing afin de remplacer certains panneaux par des afficheurs textiles dynamiques… Pour l’application habillement, une petite source d’alimentation électrique (pile) peut être introduite dans les coutures. Pour des applications plus conséquentes, la source électrique devra être adaptée à la surface active.

 Les avantages des composés électrochromes sont les suivants :

- Possibilité d’avoir plusieurs couleurs, couvrant les couleurs du spectre du visible

- Faible consommation énergétique

- Effet mémoire de la couleur : après brève impulsion, la couleur reste

Le caractère original de ce travail repose alors sur la création d’un composite support textile/composé électrochrome, ainsi nommé textile électrochrome.

 Depuis septembre 2012, cette invention a été testée à plusieurs reprises, à l’aide de divers prototypes. Si la durée de vie des premiers prototypes était limitée à quelques jours, la suite des travaux menés en collaboration avec Mlle Fern Kelly, post-doctorante Gemtex sur le projet Intellitex, ont permis d’augmenter la durée de fonctionnement du produit de plusieurs semaines et de tester avec succès la viabilité d'une telle invention. C’est notamment l’utilisation de composés électrochromes solides, qui ont abouti à la création de nouveaux prototypes plus fiables.

L'entreprise Doublet, avec l'accord des sociétés Mediama et Mariton, s'est proposée pour assurer, dans ses locaux, la mise en production des afficheurs électrochromes (continuité du projet Intellitex). La partie raccordement électronique sera gérée par la société Francelog.

Doublet souhaite ainsi promouvoir un nouveau type d'affichage, comme le remplacement des affiches papiers classiques, et des affiches publicitaires défilantes. Grace à ces nouveaux afficheurs textiles, les utilisateurs pourront disposer d'une seule et même affiche avec motif interchangeable.

 D'autres applications sont envisageables :

- Remplacement des panneaux LED dans l'intérieur des stades de football (Doublet a le contrat avec le Stade de France)

- Panneaux publicitaires lors du Tour de France pour les sponsors (moins d'encombrement que d'ordinaire, gain de place logistique)

- Colonne gonflage à affichage dynamique

- Remplacement de supports kakémonos standards par des afficheurs dynamiques lors de salon ou d'expositions

- Habillage de barrières pour diffusion de message

- Tentes personnalisables pour manifestations extérieures

Dès cet hiver, les premiers essais d'industrialisation seront lancés. L'objectif final est d'intégrer les afficheurs dynamiques textiles au catalogue « Supports de communication » 2015.

 

Mohamed Dallel (28 ans – Tunisie)

Docteur en Génie des Procédés au Laboratoire de Physique et Mécanique Textiles (LPMT) de l’Université de Haute Alsace à Mulhouse, en collaboration avec l’Université INSA de Strasbourg. Attaché temporaire à l’enseignement et à la recherche (ATER) à l’Ecole Nationale Supérieure d’Ingénieurs Sud-Alsace (ENSISA) de Mulhouse (68 – France)

> Créateur de nouveaux textiles à base de fibres d’Alfa et de filament artificiel biodégradable selon un procédé totalement écologique. Collaboration au développement du processus industriel pour l’extraction de la fibre

 Ce projet consiste à la mise en place d’un protocole original permettant l’extraction de la fibre technique à partir des tiges d’Alfa. Grâce à un procédé conventionnel de filature (Anneau-Curseur) auquel plusieurs modifications ont été apportées pour l’adapter aux fibres souhaitées, un premier fil à base d’Alfa a pu être conçu. La valorisation des déchets cumulés lors des opérations d’extraction et de filature du fil Alfa a permis l’obtention d’un filament artificiel biodégradable selon un procédé totalement écologique. Ce filament pourrait constituer une nouvelle matière textile écologique capable de concurrencer les autres fibres déjà commercialisées comme les fibres de bambou ou de viscose par exemple. L’originalité de ce travail constitue un challenge scientifique et technologique de première importance pour la valorisation des fibres naturelles. Ces créations de nouveaux textiles innovants et écologiques sont transférables vers un processus industriel simple et maitrisable, au coût raisonnable.

 Ce projet innovant visant à étudier le potentiel textile des fibres d’Alfa a finalement permis :

- L’extraction des fibres techniques en combinant 3 voies : mécanique, chimique et enzymatique en respect total avec l’environnement ayant des propriétés très prometteuses.

- L’obtention d’une structure organisée sous forme de fil allant jusqu’à 90% de fibres d’Alfa selon le procédé conventionnel de filature (plus complexe mais plus facile à reproduire)

- Le développement d’un filament artificiel issu des déchets d’Alfa régulier et présentant des performances tout à fait intéressantes.

 Ces 3 nouveaux produits ne peuvent qu’enrichir le paysage actuel, grâce à leurs modes d’obtention très écologiques et simples à reproduire. La disponibilité et le faible coût de leur matière première, les bonnes caractéristiques physiques et mécaniques qu’ils affichent, ainsi que la culture de l’Alfa et la prospérité des activités dérivées dans le développement durable, peuvent contribuer à l’enrichissement des régions rurales d’un certain nombre de pays en difficulté. Ce projet suscite déjà l’intérêt de plusieurs entreprises en France et dans le monde telles que : Jacob Holm Industries, NSC SCHLUMBERGER et SNCPA (Société Nationale de Cellulose et de Papier Alfa en Tunisie). Après le succès des tests, l’étape du passage en près-industrialisation est imminente.